SOLIDAIRES, UNITAIRES ET DEMOCRATIQUES
ADMINISTRATION CENTRALE MINEFI
80-82 rue de Montreuil 75011 PARIS
Dialogue social : marché de dupe ou nouvelles pratiques participatives ?
Lorsqu’une administration, tout comme un patron ou une entreprise, veut donner d’elle-même une image " moderne ", " progressiste ", elle commence par afficher 1° une volonté de " réforme ", 2° une pratique de " dialogue social ", le second servant d’outil pour faire accepter la première, limiter les conflits et les réactions spontanées des agents et des salariés. Mais il ne suffit pas de communiquer, ni même d’écouter. Encore faut-il prendre réellement en compte les revendications des syndicats et ne pas se contenter de les réunir! L’administration, en multipliant les réunions, a la fâcheuse tendance de présenter des décisions dites concertées comme acceptées par les syndicats, ce qui souvent, est loin d’être le cas. En effet, le ministère des Finances et de l’Industrie se sert largement de cet affichage trompeur de " dialogue " pour installer une sorte de cogestion .
L’administration, de par sa nature " hiérarchique " est antidémocratique Elle ne peut avoir qu’une conception à sens unique du dialogue social, du haut vers le bas. Les cas où elle prend le risque de consulter démocratiquement les agents de base sont rarissimes et très cadrés (cf : consultation pour l’ARTT). Mais il revient au personnel de se mobiliser pour renverser cette tendance et pour refuser de laisser le dialogue social se transformer en entreprise de déminage. Dans l’idéal, le rôle d’un syndicat est de favoriser par tous les moyens les démarches participatives vraies, les mouvements spontanés des agents et la remontée des revendications du bas vers le haut. SUD ne peut qu’encourager l’expression directe des agents à partir du moment où elle est collective et non corporatiste. En premier lieu, une information la plus complète possible décodant la propagande officielle est indispensable (tracts, sites syndicaux sur Alizé…), tout comme le bannissement de toute pratique de cogestion parmi les syndicats, ce qui ne va pas de soi en Centrale Finances.
Tout cela suppose un changement d’état d’esprit de la part de tous : de la part de l’administration qui doit abandonner ses pratiques jacobines et autoritaires, de la part des agents qui doivent et peuvent redresser la tête et prendre leur quotidien en main, de la part des syndicats qui ne doivent pas s’arroger le droit de parler et décider à la place des agents. Ca et là, la société civile commence à se réveiller et à exprimer ses désaccords (collectifs, mouvements des " sans ", associations comme ATTAC…). Alors si un autre monde est possible, pourquoi pas dans l’administration ? Cela dépend avant tout de la prise de conscience de chacun.