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Personnels de restauration, d’entretien et de gardiennage : l’Etat doit être en règle avec la loi pour le 12 avril 2001 !

Les contractuels et l’arrêt " Berkani " : CDI de droit public !

Par l’arrêt dit " Berkani " rendu en 1996, le Tribunal des Conflits a posé le principe que " les personnels non statutaires travaillant pour le compte d’un service public administratif sont des agents contractuels de droit public quel que soit leur emploi ".

Le gouvernement a donc décidé de mettre de l’ordre dans le statut des personnels non titulaires employés dans les ministères et de se mettre en conformité avec l’arrêt précité pour éviter tout autre recours. En effet beaucoup de ces agents ont été recrutés sur des contrats de droit privé. Certains n’ont même pas de contrat écrit. La différence entre statut privé ou public est importante au regard de la protection sociale. Les agents de droit privé dépendent du Code du Travail, ceux de droit public du décret 86-83 du 17 janvier 1986. Or, le Code du Travail ne peut pas s’appliquer aux agents publics, d’autre part le décret du 17 janvier 86 ne prévoit pas la possibilité d’embauche de ce type de personnel. Ce dernier doit donc être modifié et étendu. Quant aux conditions de départ à la retraite, il ne faut pas oublier la possibilité du Congé de fin d’activité dans le statut public.

Quels personnels sont concernés ? :

La loi du 12 avril 2000, notamment son article 34, tire les conclusions de l’arrêt " Berkani " et stipule que sont concernés les agents de restauration, d’entretien et de gardiennage. Ces derniers, très souvent employés à temps partiel, sont assimilés à des agents de catégorie " C ". Ils devront désormais être recrutés soit sous le statut de fonctionnaire, soit sous le régime d’agents non titulaires de droit public résultant de la loi n°84-16 du 11 janvier 84 portant dispositions statutaires (CDI).
Les recrutements sous le régime de contrats soumis au droit privé sont strictement proscrits
.

Les agents ont (avaient) un an pour choisir entre le droit public et le droit privé :

 

La Fonction Publique a mis 5 mois pour publier la circulaire d’application de la loi du 12 avril ce qui fait que le délai de réflexion des agents est déjà réduit. Les personnels concernés sont réputés de droit public ce qui implique que :

La loi du 12 avril prévoit pour les agents en place un droit d’option entre les deux statuts. Ils devront opter par écrit au plus tard le 12 avril 2001 pour l’une ou l’autre des possibilités. Le choix est irréversible. En cas de silence, ils seront automatiquement maintenus ou basculés dans le régime de droit public ! Il est donc très important qu’ils soient informés le mieux possible et le plus complètement possible. La circulaire FP prévoie donc un certain nombre d’informations obligatoires devant être envoyées par lettre individuelle, portant pour chaque régime sur :

Ce droit à cumul d’activité est primordial pour des personnels majoritairement employés à temps partiel. La loi du 3 janvier 2001 sur la résorption de la précarité dans la Fonction Publique rend possible ce cumul (article 20) avec une activité privée à condition que la personne soit employée par l’Etat à moins de 50% de la durée légale du travail des agents publics.

Modalités de gestion :

Les agents optant pour le statut de droit public se verront appliquer en matière d’évolution de carrière et de rémunération la grille des AST (11 échelons : de 245 à 343 indice brut) et seront reclassés dans un échelon dont la rémunération est au moins égale à celle qu’ils perçoivent actuellement. En cas de rémunération inférieure une indemnité compensatrice est prévue comme les personnels optant pour le statut privé d’ailleurs. Les personnels de droit public bénéficieront de la mise en place d’une Commission Consultative Paritaire ou seront rattachés à une instance existante.

S’agissant des personnels optant pour le droit privé, ils ne pourront bénéficier d’instances de représentation collective telles que définies par le Code du Travail (art L.421-1 et L.431-1) car l’employeur public n’entre pas dans le champ de ces articles. Les questions intéressant ces personnels pourront être examinées au sein des Comités Techniques paritaires et des CCP sauf pour ce qui a trait à la discipline, l’administration étant chargée pour ce dernier point de veiller au respect du Code du Travail et des conventions collectives (article L.122-34 du CT).

Il est donc important de se poser la question la question de la défense de ces personnels quelque soit leur statut, public ou privé.

La lettre d’info au personnel est partie apparemment le 24 janvier en l’état. Le nombre des agents concernés du Ministère est de l’ordre de 6000. Au CTPM du 2 février, la FDSU a été la seule à remonter sur ce problème en demandant une simulation individualisée à la DPMA. Ce à quoi, Pitois-Pujade a répondu en renvoyant le problème sur les services gestionnaires des directions. Nous avons donc les doutes les plus sérieux sur la qualité de l’information fournie et l’accompagnement qui serait nécessaire sur les sites. Une lettre de cadrage de la DPMA vers les directions a été demandée par la FDSU. D’autre part, chaque syndicat a interpellé sa direction pour exiger que des propositions individualisées soient fournies aux agents ainsi que toutes infos utiles et complètes sur les sites concernés.

Par ailleurs, l’information proposée ne nous paraît pas complète : pas d’info sur les instances de représentations ni sur l’accès à l’action sociale du Ministère, pas de simulations de carrière individualisées clairement définies. Qu’il y a-t-il de prévu sur le terrain pour informer et répondre aux questions des agents ? L’info ne doit pas se résumer à un dossier écrit compliqué : il faut un relais oral auprès de ces personnes. Enfin, nous émettons des réserves quant à la grille de référence qui ne paraît pas optimale : les agents ne doivent subir ni pertes de salaires, ni arrêt de progression salariale par l’effet pervers des indemnités compensatrices. Enfin, le problème des agents employés par des associations para-administratives, véritables associations écran, reste entier !

Par ailleurs, il faut souligner la responsabilité de l’administration quant à la durée de réflexion accordée aux agents. Ils devaient bénéficier d’un délai d’un an et vont se retrouver avec quelques semaines et une décision à prendre dans la précipitation alors qu’elle est définitive et irréversible ! le recensement précis des personnels concernés n’est même pas terminé, sinon fourni aux OS !

Informations proposées par la DPMA (17 octobre 2000) :

   

DROIT PUBLIC

DROIT PRIVE

Rémunération

évolution

Grille de référence : AST ; échelle 2 avec présentation de quelques exemples

Taux horaire du SMIC + prime d’ancienneté correspondant à chaque catégorie d’emploi (convention la plus avantageuse)

 

garantie individuelle

Allocation différentielle transitoire en cas de rémunération antérieure supérieure

Allocation différentielle transitoire en cas de rémunération antérieure supérieure

 

périodicité

Mensualisation ; présentation de la formule de forfaitisation

Mensualisation ; présentation de la formule de forfaitisation

 

avantages accessoires

Paiement des jours fériés (travaillés et non travaillés) et des heures supplémentaires.

 

Indemnité de résidence et le cas échéant SFT

 

Paiement des jours fériés (travaillés et non travaillés) et des heures supplémentaires.

Protection Sociale

maladie

congés maladie et accidents du travail : règles de maintien de rémunération propres

congé maladie et accidents du travail : règles de maintien de rémunération propres

 

divers

Indemnités de licenciement : règles spécifiques

Indemnités pour congés payés : spécifiques

Indemnités de licenciement : règles spécifiques

Indemnités pour congés payés : spécifiques

Congés

annuels

article 10 du décret du 17 janvier 86

Code du Travail

 

divers

Présentation des divers congés prévus par chaque régime : évènements personnels ou familiaux, maternité, parental, de formation professionnelle, pour enfant malade…

Présentation des divers congés prévus par chaque régime : évènements personnels ou familiaux….

Départ à la Retraite

Indemnité de départ

 

Propre au régime privé

 

Conditions de départ

Régime général d’assurance vieillesse

Régime général d’assurance vieillesse

 

Retraite complémentaire

Ircantec

Ircantec

 

Congé de fin d’activité

Propre au régime public sous réserve de reconduction

 

Règles de cumuls d’activités

 

Possible avec activité privée si temps partiel en statut public moins de 50% du temps légal

 

 

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