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ADM. CENTRALE MEFI et du DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE 80-82 rue de Montreuil 75011 Paris |
Réunion de Centrale le 1er mars : La DPMA revoit sa copie !
La DPMA a tiré les leçons de la réunion ministérielle du 6 février. Les fédés y avaient posé un certain nombre de questions sur la présence d’un Conseil d’Administration, instance de pilotage incluant des personnalités étrangères au MINEFI. La directrice s’est déplacée en personne pour appuyer le propos de Benoît Chevauchez. Il n’est plus question de Conseil d’Administration. L’accent est mis sur la séparation entre maître d’ouvrage et maître d’œuvre. La politique de formation du ministère continuera à être élaborée dans les instances habituelles : le CTPM et la commission de formation ministérielle d’une part, les 1ère et 4ème sous-directions de la DPMA d’autre part. Au niveau Centrale, le CTPC et la commission ad hoc garderont leurs prérogatives également. Le Conseil scientifique est maintenu (et posera en son temps le problème du choix des experts). Un rapport d’activité sera fait au comité des directeurs. Le correctif est important sur un point du projet propre à soulever de graves polémiques.
Le détail organisationnel commence à s’esquisser avec plus de précision. Le CFPP, " ce fleuron ", est bel et bien intégré dans la nouvelle structure mais conserve son intégrité et ses missions. Pour les personnels, il n’y aura aucun changement de statut, de gestion ou de localisation. Les nouveaux besoins se chiffrent à 500m2 de surface et un recrutement non chiffré mais déjà amorcé (présence de fiches de poste sur l’intranet CFPP). Sur le risque de recours à des recrutement de contractuels, MLPP a répondu (sciemment ?) à côté en évoquant d’une manière générale, le nécessaire recours aux détachements compte tenu de la démographie future du MINEFI.
Point positif important : le CFPP étendra désormais le bénéfice de ses actions de formation à l’ensemble des agents du ministère, Centrale et Réseaux, ce qui est un point excellent et répond à un besoin des agents privés de formations générales à l’heure actuelle. Cependant la question des relations avec les Écoles des directions n’a pas été éclaircie. Quant aux agents du CFPP, ils n’ont à l’heure actuelle pas été consultés et sont sous-informés. De même, aucun état de l’existant ni aucune étude des besoins des agents n’ont été fait à notre connaissance.
Sinon, un projet d’organigramme prend forme peu à peu : Benoît Chevauchez devient directeur de l’Institut, Viala directeur adjoint..

Quant à l’autonomie intellectuelle revendiquée dans son rapport, B. Chevauchez paraît très optimiste, acceptant même, en aparté, l’idée d’intervenants contradictoire type Attac (chiche !) mais MLPP est beaucoup plus prudente. Nous jugerons donc dans l’avenir mais nous avons affirmé les plus grandes réserves à ce sujet :
" SUD CENTRALE ne fera pas mystère de son opposition totale à ce projet, tant sur la forme que sur le fond. En effet nous tenons à rappeler pour l’honnêteté des débats, que concernant la création de l’Institut, il s’agit d’une décision du Ministre, donc éminemment politique. Cette décision, nous ne saurions l’analyser en dehors du contexte de " globalisation, déréglementation, construction européenne… " conduisant à un " recentrage du rôle de l’État depuis 20 ans ", pour reprendre les termes de M. Chevauchez. Quant à " l’acceptation de logiques nouvelles ", nous sommes au regret de ne pas y souscrire lorsque celles-ci aboutissent à l’abandon du rôle régulateur de l’État désormais cantonné au rôle d’accompagnateur et de faciliteur du monde économique. La légitimité du Ministère, tout comme celle de l’État ne doit pas se fonder sur le discours déstructurant des puissances financières mondiales qui visent à abattre tout ce qui fait obstacle à leur profit.
Ainsi, en ce qui concerne cet Institut, quelle que soit la présentation alléchante qui peut être faite de celui-ci, l’interdisciplinarité, le dialogue, l’ouverture, l’autonomie intellectuelle, quels que soient les besoins identifiés du MINEFI et des agents, nous ne pouvons nous empêcher de le classer parmi les membres de sa famille, fondations, clubs de réflexion élitistes ou boîtes à idées néo-libérales, les " think-tank " anglo-saxons dont nous connaissons bien la panoplie, les méthodes et les outils. C’est une opposition de fond, sans aucun doute possible.
Sur le plan du développement économique, tous les outils habituels sont présents : recherches, séminaires, rencontres, rapports et publications, organisation d’un centre de ressources. La participation d’experts, membres de la communauté scientifique ou privée, est l’indispensable caution pour asseoir la légitimité des réflexions. Il y a ainsi transformation d’un discours idéologique en vérité scientifique. Le procédé est banal. Cette communication est destinée en interne à faire adhérer au maximum le personnel encadrant, " acteur déterminant de la modernisation " chargé de diffuser les " bonnes pratiques " et les bonnes analyses. Ce n’est pas de la formation mais du " formatage ". Elle est destinée en externe à une opération de communication et d’affichage pour diffuser et expliquer les bonnes analyses et les bonnes pratiques d’un Ministère qui ressent un déficit d’image. L’effort portera notamment sur les universitaires, futurs recrutés à prendre au berceau, ainsi que sur les élus et journalistes qu’il faut quasiment " former " eux aussi. Le dernier conflit a montré en effet, que les luttes se déroulaient également sur le terrain médiatique. Nous sommes donc proche de la manipulation intellectuelle et du lobbying.
SUD CENTRALE ne croit pas à l’affirmation d’autonomie intellectuelle ni en une réelle diversité des intervenants. Le Conseil d’Administration, constitué de gens du sérail, n’a-t-il pas pour tâche de veiller à la qualité, mais sur quels critères, des intervenants, et à la " dignité " des interventions. Nous nous perdons en conjectures sur ce dernier terme de " dignité ".
Sur le plan de la gestion publique, il nous paraît évident que le Ministère veut faire de l’Institut un puissant outil de management. Il est à replacer là encore dans le contexte réformiste d’économies imposées à l’État par le discours ambiant, dans le contexte de réduction des emplois publics et de casse des statuts protecteurs des agents. Ainsi le lien-relais avec l’Observatoire de l’emploi public et les séminaires de l’ENA sur le management et la GPE (co-animés par Mme Pitois-Pujade et M. Casanova), apparaît plus nettement. D’autre part, l’introduction de la logique du contrat et de la logique d’objectif/résultat est en plein essor (réforme de l’ordonnance de 59). Le management est le moteur espéré par le Ministère pour sa réforme et nous voyons bien que l’accent très fort mis sur la formation des cadres (Institut, CPCS, SIFOM, CMFI) laisse peu de place au reste du personnel, cadres B et C dont la formation présente visiblement peu d’intérêt immédiat (NDLR : dans ce projet)"….